Décision du CCRI sur Intelcom
Le Local 931 dénonce une décision qui abandonne des milliers de livreurs à la précarité
MONTRÉAL, 13 janv. 2026 (GLOBE NEWSWIRE) -- La Section locale 931 du Syndicat des Teamsters dénonce la décision rendue le 22 décembre 2025 par le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI), concluant qu’Intelcom Express inc. (connue sous le nom de Dragonfly dans le reste du Canada et ailleurs dans le monde) relève de la juridiction provinciale. Dans les faits, ce changement de juridiction prive les livreurs du droit à la syndicalisation, puisque le Code du travail du Québec ne permet pas l’accréditation syndicale de travailleurs autonomes, contrairement au régime fédéral.
Intelcom a repris l’essentiel des livraisons de colis d’Amazon au Québec depuis que le géant américain a abruptement cessé ses activités de livraison directe dans la province, à la suite de tentatives de syndicalisation de ses employés. Or, Intelcom opère selon un modèle d’affaires agressif fondé sur le recours massif à des livreurs considérés comme des travailleurs autonomes, souvent en situation précaire et sans protections collectives.
Par le passé, le Syndicat des Teamsters représentait ces livreurs à travers le pays dans le cadre d’une reconnaissance volontaire accordée par l’employeur, un mécanisme qui permet à une entreprise sous juridiction fédérale de reconnaître un syndicat sans qu’un vote soit nécessaire. Toutefois, ce type de reconnaissance peut être retiré unilatéralement en tout temps.
Lors de la dernière ronde de négociation collective, alors que les Teamsters revendiquaient des améliorations substantielles aux conditions de travail des livreurs, Intelcom a retiré cette reconnaissance volontaire. Refusant d’abandonner ces travailleurs, les Teamsters ont ensuite entrepris une campagne de signatures afin d’obtenir l’accréditation par voie de cartes et de forcer un vote. Au Québec, cette démarche était pilotée par le Local 931.
Coup de théâtre : Intelcom soutient désormais ne pas relever du Code canadien du travail, mais plutôt du Code du travail du Québec. Dans ce contexte, l’entreprise prétend que ses livreurs ne seraient pas syndiquables, puisqu’ils seraient tous des travailleurs autonomes.
Dans sa décision du 22 décembre 2025, le CCRI a tranché en faveur de la juridiction provinciale, estimant qu’Intelcom ne réalise pas suffisamment de volume interprovincial pour être considérée comme une entreprise de compétence fédérale.
« Cette décision s’appuie sur une technicalité et ignore complètement la réalité du terrain : Intelcom fonctionne dans une chaîne logistique nationale et internationale, et son modèle d’affaires repose sur la précarité », a dénoncé Pierre-André Blanchard, président de la Section locale 931 du Syndicat des Teamsters.
« Le résultat concret, c’est que le Conseil vient de fermer la porte à la représentation syndicale de ces livreurs et de les abandonner à des conditions de travail instables, sans recours réel, au bénéfice exclusif d’un modèle basé sur l’exploitation », a ajouté M. Blanchard.
La Section locale 931 confirme qu’elle analyse activement toutes les options possibles à la suite de cette décision, et poursuivra ses efforts afin de protéger les droits des travailleuses et travailleurs touchés.
Parallèlement, le Local 931 intensifie également ses démarches pour syndiquer les travailleuses et travailleurs du méga centre de distribution d’Intelcom à Laval, dont les conditions de travail et d’emploi soulèvent elles aussi de sérieuses inquiétudes.
Renseignements :
Marc-André Gauthier
Directeur des communications
514-206-0492
magauthier@teamsters.ca
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